Mindseye : un retour en force contraint aux ombres, près d’un échec retentissant
Après une catastrophe de lancement fracassante l’année dernière, MindsEye tente un nouveau coup d’éclat, espérant capitaliser sur le mythe d’une rédemption à la Cyberpunk 2077. Un pari audacieux, mais entaché des stigmates d’un échec initial qui a précipité des licenciements massifs et des accusations de sabotage interne.
Le blacklist : une nouvelle histoire, un nouveau jouet ?
Le nouveau chapitre, baptisé « Blacklist », arrive avec une réduction de prix significative – 34,99 $ pour l’édition standard et 47,99 $ pour la version Deluxe. Mais au-delà de l’accessibilité accrue, l’update introduit une mission centrée sur Julia Black, une assassin(e) de renom, chargée de démanteler un réseau criminel qui ravage une entreprise, à la fois sur le plan interne et externe. Un sous-texte évident, presque arrogant, qui rappelle les ambitions initiales du projet.
Initialement conçue en collaboration avec IO Interactive pour un crossover avec Hitman, la mission a finalement été abandonnée. Les similitudes architecturales sont indéniables, témoignant d’une approche pragmatique, voire désabusée. L’expérience se veut ouverte, proposant différentes cibles et pouvant être achevée en moins d’une heure. Une démonstration de parcimonie, face à l’ampleur des déceptions initiales.

Les ombres du passé et les promesses d’arcadia
Le PDG, Mark Gerhard, continue de brandir les épées de glace, évoquant un sabotage corporatif sans pour autant apporter de preuves tangibles. Il a pourtant teasé une mise à jour dévoilant les conspirateurs supposés au sein du jeu. Ce « Blacklist », décrit comme le premier véritable arc narratif depuis le lancement, est livré via la plateforme de contenu généré par les utilisateurs, Arcadia. Un système qui, selon Gerhard, « élargira » le jeu à l’avenir. Mais Arcadia, loin d’être un succès retentissant, ne parvient actuellement qu’à maintenir 26 joueurs connectés simultanément sur Steam, selon les données de SteamDB. Un chiffre alarmant, qui souligne la difficulté à relancer l’intérêt pour ce projet.
Fondé par Leslie Benzies, ancien boss de Rockstar North, Build a Rocket Boy a vu MindsEye naître après un congé sabbatique et une dispute avec Rockstar Games. Le lancement du jeu a été un désastre, marqué par des bugs omniprésents, un gameplay médiocre et une histoire insipide. IGN lui avait attribué une note de 4/10, qualifiant le jeu de « plein d’ambition mais dépourvu d’idées originales ». Récemment, des employés de MindsEye ont intenté une action en justice contre BARB, révélant des accusations de surveillance illégale via des logiciels installés sur les ordinateurs des salariés.
MindsEye, avec ses influences marquées par Grand Theft Auto, se retrouve ainsi à l’aube d’une nouvelle tentative. Mais l’écho des critiques et des problèmes techniques reste bien présent. Le retour de MindsEye s’annonce comme un pari risqué, un dernier espoir pour un projet qui semble désormais condamné à l’oubli, ou peut-être, à un échec encore plus significatif.