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Neversoft : l'audace oubliée d'un western raté

Après Tony Hawk, Neversoft a osé tout quitter pour un western violent et mature, une décision qui allait à l'encontre de tout ce qu'on attendait d'eux. Une prise de risque audacieuse, mais finalement vouée à l'échec.

Gun : une ambition démesurée, un résultat décevant

Le projet GUN, né de l'acquisition d'Activision en 1999, était bien plus qu'un simple changement de genre pour le studio californien. Il s'agissait d'une volonté de prouver que Neversoft pouvait innover, au-delà de la formule du skate.

Joel Jewett, figure emblématique de l'époque, expliquait avec lucidité : « Nous voulions faire quelque chose de nouveau, mais sans que ce soit à la charge d'un autre studio de s'occuper de Tony Hawk, car c'était notre bébé. » Cette ambition, loin d'être une simple idée isolée, était le fondement d'une nouvelle franchise, un pari sur l'avenir.

Activision, le maître à jouer

Activision, le maître à jouer

Il est crucial de comprendre le contexte de GUN : Activision avait déjà consolidé Neversoft grâce au succès phénoménal de Tony Hawk. Le rapport financier de 2005, qui affichait 958,1 millions de dollars d'ingrédients nets pour les six jeux de la saga, témoigne de la position stratégique de l'étude au sein du géant du jeu vidéo.

Activision avait donc placé toutes ses cartes sur GUN, non pas comme une simple opportunité, mais comme une source de revenus récurrente, une preuve de la confiance accordée à l'équipe de Neversoft.

Une équipe divisée, un western en difficulté

Une équipe divisée, un western en difficulté

Pour mener à bien ce projet ambitieux, l'entreprise a divisé son équipe en deux. L'un des groupes a continué de développer le moteur de Tony Hawk, tandis que l'autre se consacrait à la création de GUN. Scott Pease, un autre acteur clé de Neversoft, a souligné que cette séparation a profondément modifié l'ADN du studio.

L'objectif était de créer une production de grande envergure, comparable à une véritable superproduction hollywoodienne. C'est pourquoi Activision a traité GUN comme un projet sérieux, s'entourant de talents de renom comme Ron Perlman et Thomas Jane.

Un projet sous-estimé

Malgré un lancement commercial décevant (225 000 copies vendues), GUN a suscité un certain engouement. Microsoft l'a même inclus dans la liste des titres de lancement de la Xbox 360, le présentant comme une force offensive pour la nouvelle génération. Cependant, la critique a rapidement pointé du doigt des failles dans le gameplay et une difficulté jugée trop simple, entachant durablement le legs de la franchise.

Comparé à des titres comme Grand Theft Auto, GUN n'a jamais réussi à s'imposer comme un phénomène. Son ambition, loin d'être pleinement réalisée, a fini par le condamner à l'oubli. Un western ambitieux, mais finalement trop complexe pour séduire un large public.

L'héritage d'une tentative audacieuse

Au-delà de ses échecs commerciaux, GUN reste un témoignage précieux de l'audace de Neversoft. Il illustre la volonté d'un studio de sortir de sa zone de confort, d'explorer de nouveaux horizons et de prouver que l'innovation peut parfois prendre des chemins inattendus. Une expérience qui, même si elle n'a pas abouti, a marqué l'histoire du jeu vidéo.