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L'ia, bouc émissaire des licenciements : l'illusion du progrès s'effondre

L'annonce du licenciement de 40% des effectifs, justifiée par l'omniprésence de l'intelligence artificielle, ne surprend plus guère. Pourtant, l'euphorie des investisseurs, qui voient leurs actions grimper, contraste avec la réalité d'une stratégie souvent fallacieuse. Une étude de Bloomberg révèle que si 59% des dirigeants ont invoqué l'IA pour justifier des réductions de personnel, seulement 9% ont réellement mis en œuvre cette technologie comme moteur de ces décisions. La faille est immense.

Le « ai washing » : quand l'ia est un écran de fumée

Le cas de Block Inc., fondé par Jack Dorsey, illustre parfaitement ce phénomène. L'entreprise a triplé son effectif entre 2019 et 2022, alimentée par l'incertitude pandémique. Or, alors que l’entreprise s’est retrouvée en chute libre, l'IA est présentée comme la solution miracle. Pourtant, la productivité n'a augmenté que de 1,4%, une amélioration quasi imperceptible.

Les entreprises, notamment celles comme Amazon ou Goldman Sachs, qui ont annoncé des restructurations basées sur l'IA, n'ont pas mentionné l'innovation technologique comme motif de licenciement dans leurs notifications légales. Cela rend difficile la contestation juridique de ces décisions. Les amendes pour tromperie pourraient devenir une réalité courante.

La vérité est que les licenciements masquent souvent des mauvaises décisions managériales, des problèmes de sous-traitance et une obsession malsaine de la croissance à tout prix. L'IA est un prétexte, un bouc émissaire idéal pour détourner l'attention des véritables causes.

Cette stratégie est risquée. Si les ventes chutent, les investisseurs fuient. Si la croissance s'essouffle, les actionnaires se braquent. La promesse d'une productivité accrue grâce à l'IA est séduisante, mais rarement tenue. Et les régulateurs commencent à comprendre la supercherie. Les entreprises qui misent sur l'IA pour justifier des licenciements s'apprêtent à payer le prix fort.

Les jeunes générations, celles nées dans les années 80 et 90, qui continuent à jouer aux jeux vidéo après 30 ans, ne sont pas responsables de la crise. L'IA n'est pas la cause des difficultés financières des jeunes, mais elle risque de les aggraver si les politiques publiques ne s'adaptent pas. La question de la régulation devient pressante.

La stratégie de l'IA comme excuse s'effondre. Elle met en lumière les failles d'un système économique qui privilégie la spéculation à court terme au détriment de la pérennité. Le véritable enjeu n'est pas l'IA elle-même, mais la manière dont les entreprises l'utilisent pour justifier des choix souvent irresponsables.

L'illusion du progrès, orchestrée autour de l'intelligence artificielle, s'effrite. Au final, ce n'est pas l'IA qui détruit les emplois, mais la logique du profit à tout prix qui nous conduit à cette impasse.