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Michael jackson : une hagiographie manipulatrice, entre secrets et manipulation

Michael, ce nouveau biopic sur le Roi de Pop, est une opération de branding cynique, un exercice de manipulation orchestré par des figures clés de son héritage, loin d'une exploration honnête de son destin.

Une histoire re-écrite, sans vérité apparente

Le film, présenté comme une biographie, est en réalité une hagiographie exacerbée, une glorification de Michael Jackson à l'échelle de la définition la plus rigoureuse du terme. L’idée même d’en attendre une quelconque vérité est, elle aussi, naïve. Le Cinéma ne nous doit rien, ni divertissement, ni véracité, aussi les récits biographiques se veulent-ils qu’ils soient. Un récit de fiction reste fondamentalement une fiction, et tout document, par définition, est teinté du biais inhérent à la personne qui le relate, surtout si ce récit est façonné par John Branca, le légataire universel de Jackson et président de The Michael Jackson Company, et supervisé par la famille de l’artiste.

Le projet, en somme, ne peut être autre qu’une tentative de magnifier la mémoire d’un icône, une quête de légitimité pour une figure qui continue de générer des revenus colossaux.

L’enfant exploité, le silence des abus

L’enfant exploité, le silence des abus

Le film évite soigneusement de se pencher sur les aspects les plus sombres de la vie de Jackson, notamment ses accusations d’abus sexuels. Il commence de manière prématurée, quelques instants avant la scène emblématique du concert de 1988, contournant ainsi l’épisode le plus controversé de Rancho Neverland. La version finale, qui date de 1993, se concentre sur la séparation de Michael de son père, Joseph Jackson, et du groupe The Jackson 5, marquant ainsi son entrée en solo et évitant de traiter directement l’un des scandales les plus graves de sa carrière.

L’histoire, en substance, ne se propose pas de révéler la vérité, mais plutôt de construire une légende, celle d’un jeune garçon talentueux, protégé par son entourage et propulsé vers la gloire grâce à son inné don et à son éthique de travail, une narration dangereuse et terriblement conventionnelle, qui nous enferme dans une vision simpliste de la réussite, où l'on peut échapper à la médiocrité et où les mauvaises décisions ne sont pas une fatalité.

Jaafar Jackson, le neveu de Michael, incarne cette image idéalisée, reproduisant fidèlement les mouvements et la voix de son oncle, avec l'assentiment de Graham King, producteur de Bohemian Rhapsody. Il s’agit d’une performance technique impeccable, mais dépourvue de profondeur, un simple hommage rendu à un héritage musical indéniable. Le film, malgré ses 127 minutes, ne propose qu’une succession d’images clés, de moments emblématiques, de séquences de danse spectaculaires, notamment la réplique de Thriller, sans jamais aborder les contradictions ou les failles de l’homme.

Michael est, en définitive, une œuvre conçue pour célébrer le legs musical de Michael Jackson, un écrin doré pour un artiste dont l'aura persiste malgré les controverses. Une production de qualité, mais dont le principal objectif reste, in fine, de consolider la mémoire du Roi de Pop, et non de proposer une analyse critique de son existence. Une note de 50/100, reflétant une hagiographie soigneusement orchestrée.